
Quand trois musiciens classiques perdent le Nord, ils se retrouvent au Sud, c’est certain! Né d’une rencontre aussi improbable que surprenante, le trio composé de Catherine Perrin au clavecin, Denis Plante au bandonéon et Mathieu Lussier au basson traîne son bataclan d’un bout à l’autre de l’Amérique. Dans leur bagage, des fantaisies, rhapsodies, tangos et des pièces folkloriques recueillies au cours de leur odyssée. Aux antipodes des conventions, vous serez magnétisés par la variété des rythmes et des déclinaisons musicales inspirées de ces pays où le feu et la glace s’embrassent.
Denis Plante – bandonéon, compositions et arrangements
J’ai composé la musique et les arrangements des pièces de ce disque lors d’un long séjour en Argentine, dans une maisonnette aux pieds de la cordillère des Andes d’où l’on pouvait deviner, derrière la mandibule menaçante de la précordilière, la pointe épique de l’Aconcagua, le plus haut sommet de l’Amérique, le géant minéral qui inspirera à Piazzolla la musique de son unique concerto pour bandonéon. Ce fut un séjour à l’image d’un tableau de Molina Campos : par la fenêtre entrait le souffle sec du désert andin. Sur la salamandre, une calebasse remplie de Yerba et un thermos vigilant attendaient leur tour, du papier musique, un vieux crayon au plomb et entre les mains, mon vieux doble A, pèlerin infatigable du tango qui depuis presque cent ans parcourait le monde au gré des caprices de ses maîtres saltimbanques.
La musique de ce disque est faite de découvertes nourries par les voyages et les rencontres. Le tombeau d’Astor est la première pièce que j’ai composée quand j’ai récupéré mon bandonéon à Buenos Aires, en quelque sorte ressuscité. C’est une rapsodie que j’ai dédié à mon luthier Carlos Ferrio. Laissez-moi vous expliquer : mon fidèle compagnon de route avait trouvé dans l’atelier de Carlos un peu d’élixir de jouvence. Avec un nouveau poumon, des ressorts inox et la palanca bien ajustée, mon fueye était prêt à affronter un autre siècle de tango. Dans un esprit semblable se déclinent les autres pièces dont la composition fut inspirée par la tragédie d’Orphée. Sur un ton plus léger, la Milonga del mate rend hommage à cette infusion très stimulante qui se sert dans une calebasse et que l’on partage en famille en Argentine. C’est peut-être le mate qui a inspiré l’arrangement d’Adios Nonino, qui a pris les allures d’une cavale effrénée de gauchos à travers la pampa.
Lancement de l'album printemps 2009.
booking : bandoneon@sympatico.ca